Historique des centres sociaux

Nés en Angleterre à la fin du 19e siècle, les centres sociaux se multiplient en France à l’aube du 20e siècle. Ils sont issus des « œuvres sociales » qui considéraient que les habitants ouvriers devaient s’organiser localement pour prendre leur vie en main. Leur développement s’amplifie après 1945 grâce à l’investissement de l’Etat. Leur expérience, leur implantation au cœur des espaces de vie quotidienne, leur gestion locale en font des acteurs reconnus. Leurs principes de base sont implantation locale, prise en compte des situations et contextes, approche collective, démarche participative, prise de responsabilités, respect des diversités, neutralité religieuse et politique.

En 1967 a lieu le premier Congrès national, rassemblant des représentants de 120 centres sociaux. En 1971, la Caisse Nationale d’Allocations Familiales (CNAF) décide d’étendre sa prestation de services aux centres sociaux, décision confirmée par la circulaire de 1984, qui fixe les conditions de l’agrément des centres sociaux.

En 2000, la FCSF adopte une Charte des centres sociaux qui réfère leur action à 3 valeurs fondatrices: la dignité humaine, la solidarité et la démocratie.

Si, dans les années fastes, une dominante socioculturelle est apparue dans les centres sociaux, à partir du milieu des années 1980, avec la récession économique et le chômage massif, les aspects insertion, social et santé sont redevenus prioritaires au sein de nos structures.

L’ouverture à l’économique et l’insertion professionnelle marque l’évolution récente des Centres dont la démarche s’inscrit désormais dans une problématique de développement local.

Tout le monde, sans distinction d’âge, ni de situation sociale peut venir dans un Centre Social cependant, chaque Centre est aujourd’hui amené à considérer certains groupes comme prioritaires, parce que plus démunis, plus menacés .

Que trouve-t-on dans un Centre Social ? De tout ! Depuis le groupe de couture ou cuisine jusqu’à l’atelier d’insertion socio professionnelle, en passant par les cours de FLE, de gym, le centre de loisirs pour les enfants et jeunes, l’accompagnement scolaire pour les jeunes , une crèche.

Ouvert à toute attente, le Centre Social répond en priorité aux nécessités de la vie quotidienne. En particulier, les problèmes de santé, d’insertion socio professionnelle, de gardes d’enfants, d’informations, d’accompagnement éducatif,

S’il est utilitaire par vocation première, le Centre Social n’exclut de son champ d’action ni les loisirs, ni la culture, ces activités correspondant à des besoins d’épanouissement personnel qui, aujourd’hui plus que jamais, sont légitimes.

Pour conclure, nous pouvons dire que les centres sociaux sont des lieux d’animation sociale et culturelle ouverts à tous les habitants. Chacun peut y trouver des activités et des services dans les domaines les plus variés. Un Centre Social est donc un équipement collectif et polyvalent pour les habitants. Ce sont des équipements de proximité qui s’inscrivent dans une tradition et qui ont un projet. Depuis leur création, à la fin du siècle dernier, les Centres Sociaux ont eu pour objectif prioritaire de faire participer les habitants à l’amélioration de leurs conditions de vie, au développement de l’éducation et l’expression culturelle, au renforcement des solidarités, à la prévention et la réduction des exclusions. La spécificité du Centre Social réside ainsi dans la participation des habitants à son élaboration et à sa gestion.

Dans un contexte largement dénoncé de « fracture sociale », les Centres Sociaux, parce qu’ils sont implantés dans les quartiers sont, partout où ils existent, un des maillons essentiels dans la lutte au quotidien contre l’exclusion. Si, de plus en plus, ils sont parfois obligés de travailler dans l’urgence et le déplorent les Centres Sociaux souhaitent avant tout inscrire leur action dans la durée. Leur objectif permanent est la recherche du mieux vivre dans la cité et ils sont fiers de se définir comme des lieux de citoyenneté.